En 1950, chez Delahaye, c'est le moment des bilans. Il faut bien le reconnaître, la Delahaye 175 présentée en 1946 n'a pas été une réussite.
La delahaye 135 après quinze ans de carrière, est au bout du rouleau. La firme Delahaye tire le plus clair de ses ressources des véhicules militaires, dont les commandes menacent de se tarir. (1950).
Du neuf avec du vieux Delahaye va donc faire une dernière tentative dans le marché de la voiture de tourisme. Ce sera la 235 présentée au Salon de 1951. Comme son nom l'indique, la 235 c'est encore la 135, avec son 6 cylindres à culbuteurs de 3,5 litres, ses freins à câbles, son pont arrière rigide et sa boîte électromagnétique CotaI.
Sur le papier le résultat n'a rien de ridicule. Le moteur de la Delahaye 235 développe plus de 150ch ni plus ni moins qu'un moteur Jaguar de la même cylindrée. Les carrosseries dessinées par un jeune styliste, Philippe Charbonneaux, (designer industriel, spécialisé dans l'automobile) sont d'un bon modernisme. Le prototype Delahaye avec une légère carrosserie confectionnée en Italie dépasse facilement 180 km/ho Hélas les carrossiers français auront la main plus lourde.
Le vénérable 6 cylindres poussé dans ses derniers retranchements est bruyant et d'un appétit effréné en carburant. La suspension est dure, et les freins insuftlsants. Et puis, les clients ne croient plus à l'automobile française de luxe. La Delahaye 235 ne trouva que quatre-vingt-trois clients jusqu'en 1954, quand Delahaye sera repris par Hotchkiss.